
Formation continue
Formation professionnelle en Suisse : apprentissage, maturité et écoles
À l’issue de la scolarité obligatoire, le système éducatif suisse offre quatre voies principales : la formation professionnelle initiale, les écoles de culture générale, la maturité et la formation tertiaire.
Après l’école obligatoire : les voies de formation en Suisse
À l’issue de la scolarité obligatoire, le système éducatif suisse offre quatre voies principales : formation professionnelle initiale, écoles de culture générale, maturité et formation tertiaire. À celles-ci s’ajoute la formation continue.
La formation professionnelle initiale — également appelée apprentissage ou stage — se déroule dans une entreprise formatrice avec des cours parallèles dans une école. Elle enseigne un métier et le titre obtenu permet à la fois d’exercer une activité professionnelle et de poursuivre sa formation. En Suisse, environ deux tiers des jeunes choisissent cette voie une fois leur scolarité obligatoire terminée.
Ceux qui préfèrent un parcours plus théorique optent pour une école de culture générale. Celle-ci est centrée sur les matières de culture générale et sert de propédeutique à une formation tertiaire. Le tertiaire comprend la formation professionnelle supérieure, qui approfondit les connaissances d’une profession, et les hautes écoles, qui combinent des savoirs orientés vers la pratique et des notions scientifiques.
La maturité — professionnelle ou gymnasiale — ouvre l’accès aux études universitaires. Les passerelles entre les différentes voies restent possibles au fil du temps grâce à l’activité professionnelle, aux cours propédeutiques et aux passerelles spécifiques. Des formations transitoires temporaires sont destinées à ceux qui ne trouvent pas immédiatement une issue.
L’apprentissage : comment fonctionne la formation professionnelle initiale
L’apprentissage suit le système dual. Trois ou quatre jours par semaine, l’apprenti travaille dans l’entreprise formatrice et apprend sur le terrain. Le reste du temps, il fréquente l’école professionnelle, où il acquiert les connaissances théoriques utiles à sa profession. L’offre est complétée par les cours interentreprises.
Pendant toute la durée de la formation, l’entreprise verse un salaire à l’apprenti. La durée varie de deux à quatre ans selon la profession. Il est possible de choisir parmi environ 250 professions officiellement reconnues.
En 2025, les formations les plus demandées étaient celles d’employé/e de commerce, d’informaticien/ne, d’agent/e de santé communautaire, d’employé/e de commerce de détail, d’assistant/e en soins et santé communautaire, d’assistant/e médical/e et de dessinateur/trice.
Le parcours se termine par un examen final. Ceux qui le réussissent obtiennent un certificat fédéral de capacité (CFC) ou un attestation fédérale de formation pratique (AFP). Ces titres sont reconnus dans toute la Suisse et valables tant pour exercer une activité professionnelle que pour poursuivre sa formation. L’offre suit les qualifications professionnelles effectivement requises par le marché du travail.
Professions les plus demandées en 2025 en Suisse
- Employé/e de commerce1
- Informaticien/ne2
Statistiques clés sur la formation professionnelle en Suisse
- Pourcentage de jeunes choisissant l’apprentissage
- environ deux tiers
- Titres délivrés à l’issue
- CFC ou AFP
Qui peut commencer un apprentissage et ce qui est nécessaire
Il est possible de commencer un apprentissage dès l’âge de 15 ans ; il n’y a pas de limite d’âge maximale. Au préalable, il faut trouver une place dans une entreprise formatrice, étape dont dépend tout le reste.
Parmi les conditions à vérifier : les exigences scolaires requises par l’entreprise et l’école, l’assurance maladie, le permis de séjour et, selon la situation individuelle, également le permis de travail.
Le permis de séjour doit être demandé à la commune de domicile dans les deux semaines suivant l’arrivée en Suisse. Comme l’apprentissage est considéré comme le début d’une activité lucrative, un permis de travail peut également être nécessaire.
Les personnes provenant d’un pays de l’UE/AELE n’ont pas besoin de permis de travail ; celles provenant d’un pays tiers (hors UE/AELE) en ont besoin. Dans ce cas, c’est l’entreprise formatrice avec laquelle le contrat d’apprentissage est signé qui se charge de la procédure administrative. La liste des pays de l’UE/AELE est publiée sur le site du Secrétariat d’État aux migrations (SEM).
Il existe des programmes spécifiques pour les personnes non francophones et pour celles en situation irrégulière. Les informations destinées aux entreprises formatrices concernent également les personnes ayant le statut de réfugié, d’admis provisoire, de personne protégée ou de demandeur d’asile, ainsi que les soi-disant sans-papiers.
École professionnelle et cours interentreprises : la partie théorique
La formation initiale repose sur trois lieux distincts. En entreprise, l’apprenti apprend la pratique sous la direction de formateurs et de formatrices.
À l’école professionnelle, il acquiert des connaissances théoriques utiles à sa profession et en culture générale. Les cours interentreprises complètent l’offre, notamment pour les compétences difficiles à transmettre au sein d’une seule entreprise.
À l’issue, l’apprenti passe l’examen final : en le réussissant, il obtient le CFC ou l’AFP. Ceux qui visent la maturité professionnelle suivent déjà pendant l’apprentissage des cours supplémentaires de culture générale, en parallèle au travail en entreprise et à l’école professionnelle.
Maturité professionnelle : pendant ou après l’apprentissage
La maturité professionnelle complète l’apprentissage. Elle élargit les connaissances en culture générale et approfondit les aspects liés à la profession. C’est un titre reconnu au niveau fédéral. Il prépare aux études dans une haute école spécialisée.
Elle peut être obtenue pendant ou après l’apprentissage, avec des modèles de durée variant entre un et quatre ans. La maturité professionnelle de type 1 (MP1) se suit en parallèle à l’apprentissage.
La MP1 dure trois ou quatre ans, soit la durée de l’apprentissage. Elle commence à la fin de la scolarité obligatoire et nécessite généralement des cours un jour ou un jour et demi par semaine.
La maturité professionnelle de type 2 (MP2) s’obtient après l’apprentissage. Elle prévoit une année à temps plein ou de 1,5 à 2,5 ans à temps partiel. Les cours ont lieu de deux à cinq jours par semaine.
Ceux qui possèdent déjà un CFC peuvent se préparer individuellement à l’examen fédéral de maturité professionnelle, également via les cours préparatoires de certaines écoles.
Une voie à part est celle des écoles de commerce et des centres professionnels commerciaux. Le parcours dure quatre ans et commence à la fin de la scolarité obligatoire. Il prévoit un examen d’admission à l’entrée. À l’issue, on obtient à la fois le CFC d’employé ou d’employée de commerce et la maturité professionnelle.
Les cours ont lieu dans une école de maturité professionnelle ou dans une école professionnelle offrant cette possibilité.
Les contenus incluent des matières de culture générale du domaine fondamental, spécifique et complémentaire, avec un travail de projet interdisciplinaire. La composition varie selon la filière.
L’admission est réglementée au niveau cantonal et peut exiger le bulletin de notes et/ou un examen d’admission. Pour la MP1, l’accord de l’employeur est également requis.
Avec la maturité professionnelle, on accède à une filière d’études corrélée dans une haute école spécialisée. En réussissant également l’examen complémentaire passerelle — préparé en autodidacte ou via un cours spécifique — on accède à tous les cycles d’études des universités et des hautes écoles pédagogiques.
Examen suisse de maturité : la voie pour ceux qui n’ont pas fréquenté un gymnase
L’examen suisse de maturité s’adresse à ceux qui n’ont pas fréquenté un gymnase reconnu. Il permet d’obtenir une attestation de maturité gymnasiale. Il est valable pour l’accès direct aux universités suisses. Il ne nécessite pas la fréquentation d’une école : il est possible de se préparer en autodidacte.
L’examen est proposé par la Commission suisse de maturité et organisé par le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI). Il a lieu chaque année lors de deux sessions ordinaires dans les trois régions linguistiques.
La matière est régie par l’ordonnance du 7 décembre 1998 sur l’examen suisse de maturité et par les directives correspondantes. L’ordonnance fixe, entre autres, les matières d’examen et les critères de réussite. Les directives contiennent les objectifs, la procédure, les critères d’évaluation et le programme des différentes matières.
Le SEFRI met également à disposition des outils opérationnels : directives, listes des œuvres valables pour les langues, indications sur le matériel autorisé lors des examens, grille d’évaluation du travail de maturité. S’y ajoutent des rappels sur l’éthique et le plagiat, les prescriptions pour la bibliographie et les citations, ainsi que les sujets des années précédentes ; la rubrique FAQ est recommandée à ceux qui se préparent en autodidacte.
Les candidats avec un handicap diagnostiqué peuvent demander des mesures de compensation des désavantages. L’inscription en ligne concerne l’examen suisse de maturité et les examens complémentaires « passerelle » et « Latinum Helveticum ». Les délais d’inscription, les dates des sessions et les taxes d’inscription et d’examen sont publiés par le SEFRI.
Écoles de culture générale, formation professionnelle supérieure et université
Les écoles de culture générale se concentrent sur les matières de culture générale et préparent à une formation tertiaire. La coordination nationale des écoles de culture générale relève de la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP).
Elles constituent une alternative à la formation professionnelle initiale pour ceux qui souhaitent garder ouverte la voie des études.
La formation professionnelle supérieure permet d’approfondir les connaissances d’une profession. Elle comprend les examens professionnels, les examens professionnels supérieurs et les écoles spécialisées supérieures, coordonnées par les conférences nationales sectorielles. Pour ceux qui possèdent un CFC et souhaitent se spécialiser tout en restant dans leur domaine, c’est la suite naturelle.
Les hautes écoles permettent d’acquérir des connaissances orientées vers la pratique et des notions scientifiques. Elles incluent les hautes écoles spécialisées, les universités et les hautes écoles pédagogiques.
Le système prévoit également l’activité professionnelle, les cours propédeutiques et les passerelles, les ponts qui relient un parcours à un autre même après plusieurs années. La formation continue englobe toutes les formations suivies après avoir terminé une formation initiale.
Si aucune place n’est trouvée immédiatement : solutions transitoires et obligation de formation
Pour les jeunes qui, à l’issue de la scolarité obligatoire, ne trouvent pas d’issue directe, il existe des formations transitoires temporaires. Ce sont des solutions de durée limitée entre la fin de la scolarité obligatoire et l’entrée dans un parcours du secondaire II ou tertiaire.
Au Tessin, le cadre a été renforcé. Depuis le 1er septembre 2021, la scolarité obligatoire, qui dure jusqu’à 15 ans, est complétée par l’obligation de formation jusqu’à 18 ans.
La modification légale s’inscrit dans le paquet de mesures « Objectif 95 % » décidé par le Gouvernement cantonal en mai 2020. Elle vise à prévenir le décrochage scolaire et à réinsérer, avec soutien et accompagnement, les jeunes qui ont quitté les études avant d’obtenir un diplôme.
La mesure répond à un phénomène quantifié : chaque année au Tessin, environ 350 jeunes sortent du système éducatif. Ils ne commencent pas ou interrompent une formation après l’école moyenne.
Pour ces situations, le service GO95 de la Division de la formation professionnelle est actif, joignable également au numéro vert 0800 095 095. Il offre du matériel informatif et de l’orientation. L’objectif de la norme est que chaque jeune puisse s’adresser aux services publics pour trouver sa voie professionnelle.


