
Droit du travail
Temps de travail et heures supplémentaires : limites, pauses et repos
En 2025, le temps de travail effectif en Suisse s'est élevé en moyenne à 40 heures et 3 minutes par semaine, soit une minute de moins que l'année précédente.
Combien travaille-t-on réellement : horaire contractuel, heures effectives et heures supplémentaires
En 2025, le temps de travail effectif en Suisse s'est élevé en moyenne à 40 heures et 3 minutes par semaine, soit une minute de moins que l'année précédente.
La donnée de l'Office fédéral de la statistique (OFS) ne provient pas d'une enquête directe, mais d'un calcul : durée hebdomadaire contractuelle de 41h42 + heures supplémentaires (0h39) − absences (2h18).
Au sein de l'entreprise, il convient de distinguer trois grandeurs : l'horaire contractuel, le temps effectivement travaillé et le temps rémunéré mais non travaillé.
Les absences varient considérablement. En 2025, la moyenne annuelle des jours d'absence pour maladie ou accident était de 8,2 jours : allant de 5,1 jours pour les cadres à 11,8 pour les personnes exerçant des activités non qualifiées.
En cinq ans, les absences hebdomadaires ont diminué de 155 minutes, un effet de la période post-pandémique.
Le nombre d'heures travaillées par toutes les personnes occupées en Suisse s'est élevé à 8,1 milliards, stable sur les douze mois précédents : la hausse de l'emploi (+0,3 %) a été compensée par la baisse de la durée annuelle effective (-0,3 %).
Dans une comparaison internationale, la durée hebdomadaire effective du personnel salarié à plein temps place la Suisse en tête par rapport aux pays de l'UE.
Si l'on considère l'ensemble des personnes occupées, la Confédération se situe dans la moyenne en raison de la part importante du travail à temps partiel.
Chiffres clés sur le travail en Suisse en 2025
- Durée hebdomadaire effective moyenne40 heures et 3 minutes
- Absences annuelles moyennes pour maladie/accident8,2 jours
- Total des heures travaillées dans le pays8,1 milliards
- Durée hebdomadaire moyenne dans l'UELa Suisse en tête
Différences dans les jours d'absence par catégorie professionnelle (moyenne 2025)
- Personnel non qualifié11,8 jours
- Travailleurs moyens8,2 jours
- Cadres5,1 jours
45 ou 50 heures : les maxima hebdomadaires et les exceptions temporaires
La durée maximale hebdomadaire dépend du secteur et est régie par l'article 9 de la Loi sur le travail (LTr) et par l'article 2 de l'Ordonnance 1 relative à la loi sur le travail (OLT 1).
Le plafond est de 45 heures pour les travailleurs des entreprises industrielles, le personnel de bureau, les employés techniques et autres. Le personnel de vente des grandes entreprises de commerce de détail relève également de cette catégorie.
Pour tous les autres, le plafond est de 50 heures ; sur une base annuelle, cela représente environ 2340 heures avec une semaine de 45 heures et environ 2600 heures avec une semaine de 50 heures, sauf dans les cas exceptionnels autorisés.
Sous certaines conditions, la durée maximale hebdomadaire peut être prolongée temporairement de 4 heures au maximum. Cela s'applique en cas d'interruptions de travail dues aux intempéries ou dans les entreprises présentant de fortes fluctuations saisonnières.
La condition préalable est le respect de la moyenne annuelle, c'est-à-dire 45 ou 50 heures hebdomadaires.
La journée de travail : fenêtre de 14 heures, maximum 12,5 heures nettes et pauses incluses
D'un commun accord avec le personnel, la durée du travail peut être répartie de manière flexible entre 5 h et 24 h les jours ouvrables. En Suisse, les jours ouvrables s'étendent du lundi au samedi.
La différence entre le début et la fin de l'horaire quotidien de l'entreprise ne peut pas dépasser 17 heures. Pour chaque travailleuse ou travailleur, la fenêtre entre le début et la fin de l'horaire individuel, pauses et heures supplémentaires comprises, est de 14 heures.
Le temps net ne peut pas dépasser 12,5 heures par jour (art. 10 al. 3 LTr).
Les pauses sont incluses dans la fenêtre de 14 heures et n'augmentent pas le travail net : elles allongent la présence, mais pas les heures travaillées.
La réglementation des pauses relève de la Loi sur le travail. Leur placement doit être coordonné avec les limites journalières.
La Loi sur le travail fixe des pauses minimales en fonction de la durée du travail journalier.
Les pauses doivent être comptabilisées séparément du travail net et peuvent être placées selon l'organisation de l'entreprise, dans le respect des minima légaux.
Heures supplémentaires : motifs, plafonds journaliers et annuels, majoration et compensation
Pour les heures supplémentaires, aucune autorisation n'est requise (art. 12, 13 et 26 LTr ; art. 25 et 26 OLT 1).
Elles ne peuvent être ordonnées qu'en cas d'urgence ou d'accumulation extraordinaire de travail, d'inventaire, de clôture des comptes ou de liquidation, ou pour prévenir ou corriger des dysfonctionnements opérationnels.
En règle générale, le maximum est de 2 heures par jour, à l'exclusion des jours fériés chômés, et uniquement sous forme de travail diurne ou vespéral.
Les limites annuelles par travailleur et par année civile sont de 170 heures avec une semaine de 45 heures et de 140 heures avec une semaine de 50 heures.
Pour le personnel de bureau, les employés techniques et autres, y compris le personnel de vente des grandes entreprises commerciales, seules les heures supplémentaires dépassant 60 heures par année civile sont prises en compte.
Il existe des dérogations à l'interdiction du travail nocturne et dominical ainsi qu'à la durée autorisée de la journée de travail.
Elles s'appliquent lorsque les résultats du travail sont menacés et qu'il existe un risque de dommage disproportionné, lorsque des services de piquet sont nécessaires, ou lorsque des pannes imposent la réparation de machines et d'outils indispensables au fonctionnement de l'entreprise.
Les dérogations s'appliquent également pour prévenir ou éliminer des dysfonctionnements opérationnels provoqués directement par la force majeure ou des perturbations dans l'approvisionnement (énergie, eau, transports).
Elles s'appliquent pour prévenir les avaries de biens et pour sauvegarder des activités urgentes visant à protéger la vie et la santé des personnes et des animaux ainsi que l'environnement.
La majoration pour heures supplémentaires est de 25 % du salaire horaire. Le calcul exclut les indemnités de résidence, de ménage et pour enfants ; dans le cas du travail aux pièces, on utilise le salaire horaire moyen.
Alternativement, une compensation en temps est possible : dans un délai de 14 semaines et uniquement avec le consentement du travailleur, ou dans un délai de 12 mois avec l'accord des parties.
Les heures travaillées au-delà des heures contractuelles convenues sont des heures complémentaires.
Repos quotidien et dimanche : le chantier ouvert et les exemples issus des CCT
Le repos quotidien et le dimanche font l'objet d'un projet en discussion. Le 21 mai 2025, le Conseil fédéral a approuvé son avis sur le projet de la Commission.
La Loi sur le travail réglemente la durée du repos, le travail dominical et le travail nocturne.
Les conventions collectives de travail (CCT) sectorielles peuvent prévoir leurs propres protections.
Il convient de vérifier sa CCT de référence, car elle peut être plus restrictive que les limites générales.
Les clauses de la CCT applicable peuvent prévoir des protections supplémentaires.
Pour le travail dominical et nocturne, les conditions prévues par la Loi sur le travail s'appliquent.
Gérer les horaires et les heures supplémentaires en entreprise : contrat, flexibilité et différences cantonales
La première étape consiste à définir par écrit dans le contrat l'horaire de travail et le modèle. On peut choisir un horaire fixe, avec début et fin prédéfinis ; alternativement, un horaire à durée fixe avec des plages de présence obligatoires et des marges flexibles, ou encore un temps partiel avec des jours variables.
Chaque collaborateur doit se voir attribuer un type d'horaire clairement identifié, avec les paramètres de comptage correspondants : c'est la condition préalable pour calculer correctement le solde des heures et ne pas confondre heures contractuelles, heures complémentaires et heures supplémentaires.
Sur le plan opérationnel, trois contrôles récurrents sont nécessaires. Premièrement, la fenêtre journalière : présence en entreprise dans une limite de 17 heures, horaire individuel dans une limite de 14 heures incluant pauses et heures supplémentaires, travail net dans une limite de 12,5 heures, avec les pauses enregistrées séparément.
Deuxièmement, les plafonds cumulés : moyenne annuelle respectée en cas de prolongation temporaire de 4 heures ; comptabilisation des heures supplémentaires par rapport aux 170 ou 140 heures annuelles (et au seuil de 60 heures pour le personnel de bureau, technique et de vente).
Troisièmement, le choix entre la majoration de 25 % et la compensation, avec les délais de 14 semaines avec consentement du travailleur ou 12 mois par accord des parties.
Il faut également prendre en compte le cadre local : les lois fédérales fixent les valeurs de référence, mais les jours fériés et les procédures administratives varient d'un canton à l'autre.
Une CCT sectorielle peut prévoir des conditions plus favorables que la loi, par exemple concernant la durée maximale des tours ou le repos.
Avant de définir le modèle d'horaire, comparez la loi avec la CCT applicable et avec la pratique cantonale. Adaptez ensuite le règlement du personnel et le système de relevé des heures.



